Mostafa Hassanalian, de l'Université de New Mexico, a a révélé le développement de drones construits à partir de corps d'oiseaux taxidermisés. Bien que l'objectif de ce développement soit de faire progresser les efforts de recherche sur la faune, l'apparence réaliste et le fonctionnement silencieux des drones pourraient permettre aux UAS de surveillance de échapper à certaines méthodes de détection.
Bien qu'il s'agisse d'une pas une approche entièrement nouvelle, Le développement continu de ces systèmes renforce la nécessité de disposer de solutions efficaces pour la détection des UAS.
Bien que M. Hassanalian désavoue les applications de surveillance en déclarant : “Ce n'est pas du tout notre intention. Nous n'envisageons pas cette application parce que nous ne pensons pas que ce soit un moyen efficace, et ce n'est pas moral, ce n'est pas éthique”, les capacités de ces drones pourraient facilement être adaptées à des fins d'espionnage ou à d'autres fins hostiles.
Ces drones, fabriqués à partir de corps d'oiseaux et dotés d'une technologie robotique, se déplacent et volent comme leurs homologues réels, offrant ainsi des capacités uniques pour les opérations secrètes.
“Les drones actuellement utilisés pour la surveillance de la faune, comme les hexacoptères ou les quadcoptères, font beaucoup de bruit, ce qui effraie les animaux et les disperse”, a expliqué M. Hassanalian.
Cette même caractéristique pourrait constituer un défi pour les technologies C-UAS qui reposent sur l'identification visuelle ou le suivi sonore. Dans un contexte opérationnel, les drones qui se fondent parfaitement dans l'environnement naturel peuvent échapper à la détection par radar ou par d'autres systèmes de surveillance.
Intervention lors de la conférence Counter UAS Homeland Security 2024 Brooke Tapsall, PDG de DroneALERT, a donné des détails sur une opération de l'équipe rouge qui a utilisé des drones biomimétiques ressemblant à des oiseaux pour tromper les méthodes de détection de l'équipe bleue.
Le drone s'est parfaitement fondu dans une volée d'oiseaux migrateurs et, bien qu'il ait été détecté par le radar, les opérateurs n'en ont pas tenu compte. L'utilisation d'oiseaux taxidermisés à des fins de biomimétisme pourrait ajouter une couche supplémentaire d'authenticité à ces drones.
Les commentaires de M. Hassanalian sur l'application de ces drones à la sécurité des frontières mettent en évidence leur potentiel de double usage. Hassanalian a suggéré que leur conception discrète pourrait faciliter la surveillance sans éveiller les soupçons. Ces drones sont moins susceptibles d'être signalés s'ils survolent des infrastructures sensibles et critiques, en particulier celles qui ne disposent pas de capacités de détection des UAS.
Crédit photographique : New Scientist